Semaine de la presse

Monsieur Delporte qui a été journaliste pendant plus de vingt ans au Parisien a rencontré le 23 mars les 4èmes1 et 5 qui lui ont posé des questions lors de la semaine de la presse au CDI.

L’interview des élèves :

Quelles études avez-vous suivi pour devenir journaliste ?

Apres un bac scientifique option biologie (Snv), j’ai bifurqué vers les Lettres dans l’optique de devenir journaliste. Après un (court) passage en hypokhâgne (prépa Lettres Sup), je suis allé a la fac (à Paris) où j’ai obtenu une licence de Lettres Modernes. Parallèlement je suis entré à l’ESJ (école supérieure de journalisme) de Paris après un concours, où j’ai également eu mon diplôme (en deux ans).

Combien d’heures travailliez vous par jour ?

Combien d’heures ? Aucune idée. C’est un métier où l’on ne compte pas ses heures. On sait quand commence sa journée, mais jamais quand elle va finir : c’est l’actualité qui décide. On peut très bien être amené à repartir en reportage une fois rentré à la maison... Mais fort heureusement, cela n’arrive pas tous les jours !

Aviez-vous du temps pour vous occuper de vous, de votre famille et de pratiquer des loisirs ?

Heureusement qu’on en trouve ! Mais ce n’est pas toujours facile de planifier. Il faut quand même dire que pour compenser ces horaires et l’absence de jours fériés, le journaliste a davantage de jours de congés que dans les autres professions. Au Parisien, on en avait 8 semaines par an. Sans compter les 28 jours de RTT. Cela laisse donc du temps libre pour soi et ses proches.

Étiez-vous heureux ?

Bien sûr ! C’est le métier que je voulais faire quand j’étais adolescent, un métier où l’on s’enrichit constamment de rencontres de personnes très différentes et de découvertes de lieux insolites.

Votre travail nuisait-il à votre santé ?

C’est un métier très stressant et tout le monde ne supporte pas cette pression mais non, de mon côté, cela n’a pas nui particulièrement à ma santé. Enfin, j’espère ne pas découvrir des effets néfastes plus tard !

Quelles sont les évolutions (de carrière) possibles dans ce métier ?

On peut rejoindre l’encadrement, ce qui a été mon cas. J’ai débuté comme rédacteur, avant de devenir reporter puis chef d’edition départementale, une sorte de rédacteur en chef au niveau d’un département. Le plus haut niveau dans un journal c’est directeur de la rédaction.

Sinon on peut aussi changer de poste - et de travail- dans l’entreprise ou carrément changer pour une rédaction plus importante, avec, parfois, un déménagement.

Quelles sont les "missions" à remplir dans ce métier ?

Informer la population de ce qui se passe autour d’elle et révéler ce qu’elle ne sait pas forcément. Lui donner les clés pour l’aider à mieux apprécier ou comprendre le monde qui l’entoure. Distraire aussi, même si c’est de plus en plus difficile...

Pourriez-vous me raconter une ou plusieurs anecdotes liées à votre qui vous sont arrivées ?

Les souvenirs les plus marquants sont souvent des moments difficiles... Comme lorsque l’on doit rencontrer des proches de personnes décédées, pour les faire parler de ces dernières ou leur demander une photo. Cela m’est arrivé plusieurs fois dans des histoires de victimes de guerres de bandes ou d’agressions et ce n’est jamais facile. Il y a aussi cette fois, sur un fait divers, où on m’a pris pour un policier : je me suis retrouvé dans un appartement au milieu des corps des gens tués... Plus gai, à mes débuts, j’ai fait un reportage avec un ministre dans mon ancien collège. Je me suis retrouvé face à une prof qui ne m’aimait pas beaucoup. Quand elle m’a reconnu, elle m’a demandé ce que je faisais là... Elle n’en revenait pas !

Pourriez-vous me donner le C.A., les bénéfices et le nombre de salariés au sein du Parisien ?

Le Parisien CA de 185 millions d’euros ; perte de 24 millions d’euros (en 2017).

Environ 500 employés.

Pour finir pourriez-vous me donner le salaire net que vous touchiez lorsque vous étiez journaliste ou une fourchette ?

Salaire médian d’un journaliste en France : 3 591euros brut par mois pour ceux en CDI (73,4 % de la profession) soit 2 872 euros net et 1 912 euros brut pour ceux en CDD (1 530 euros net).